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Journal Juin - Juillet 1999
En
premier lieu, il me semble avoir omis le Document-Photo concernant le Point-Accueil,
anciennement petite buvette Municipale, L'hôtesse, Déléguée au Tourisme, en est charmante n'insistons pas. Toutes les investigations possibles, au cur du Labyrinthe de Rennes-le-Château, s'y trouvent détaillées, et les passe-droits d'une "Course au Trésor" délivrés chaque semaine aux visiteurs.
En second lieu, sur le Belvédère, la Lunette Panoramique est arrivée et a été installée, en un quart de jour, par Mr. Communal, restaurateur à Rennes, et mon complice, Jacques-Bernard- Henri Lebail, l'un des plus importants Factotum du village, sur lequel nous reviendrons au cours de cette page. Les premiers tests de fiabilité étaient effectués, au soir, par les plus intransigeants spécialistes haussés du pied que notre Maire ait réussi à dénicher dans la région. Essai concluant. La Tour Magdala, elle-même, s'y est montée d'un grand angle.
Quatrième Chantier de Joël Fuentès (après le Point-Accueil, la Grotte et le Pilier du Christ du Calvaire). Bérenger Saunière, de son temps, l'avait laissé inachevé. Entièrement restauré et agrémenté d'une corniche au haut tiers de la voûte, d'un montant à l'autre en longeant la paroi du fond, il va retrouver une dalle neuve dans les jours qui suivent.
La descente du Christ du Calvaire
( LETTRE OUVERTE AU MAIRE DE RENNES LE CHATEAU ) ( "Où je vais dire pourquoi j'ai fait d'un Christ - passé, en quinze ans, de la couleur Verte à la couleur Bleu-Blanc-Rouge, après une période de Brun-Rouille, pour finir dernièrement au Blanc-Plâtré-Marronné - où je vais dire pourquoi j'ai fait, de ce Christ, le Christ que j'ai fait" )
" Voilà qu'un soir, j'ai découvert, non pas que le Sous-Préfet était poète, mais que le Maire de Rennes-le-Château qui plus est, serait militaire; qui plus est, serait Colonel; enfin qui plus est je passe! que le Maire de Rennes le Château pouvait aussi prêter une oreille religieuse, et quasi- Souverainement Pontificale, à l'une de ses ouailles, s'il la soupçonnait d'avoir ne serait-ce qu'une once de talent, d'être pure et sensible. L'ouailles, c'était moi. "Hé! Michel-Ange Et lui, le Soleil dont tu me parles, comment le verrais-tu ?" me demanda le Maire avec la voix du Pape. Nous
étions assis sur "le Banc", dans la Grotte de Bérenger Saunière nouvellement
reconstituée. Nous regardions le Calvaire, dressé devant La discussion ayant porté jusque là sur des sujets dangereusement métaphysiques et artistiques, j'enchaînais: - "Je le verrais tout comme Bérenger Saunière, lorsqu'il l'a érigé sur la Croix de son Calvaire, il y a un siècle, après 1.896 années de Tradition Chrétienne. Mais, je le ferais comme il est, au cours d'une course qui a un siècle de plus, Monsieur le Pape. Au regard d'un Christ qui a, maintenant, 2.000 ans d'âge. Un Soleil tout rempli, lui aussi, de notre propre et fantastique expérience imagée. Je verrais donc ce soleil là - jadis en forme de roue de bicyclette, excuse-moi du peu, Monsieur le Pape, mais c'était aussi le "moderne-style" de l'époque - avec une image de cent ans de plus Pour qu'il parle encore aux hommes d'hier, et qu'il soit entendu, aussi, des hommes d'aujourd'hui. Un
soleil toujours perçu par l'homme comme le soleil traditionnel de la Résurrection.
Qui s'éteint, le soir, sous ses draperies d'ors, pour Et je te ferais donc un grand soleil de flammes, tout caboché de pierres, cuirassé d'or et rayonné d'argent. Tout en lumière d'aujourd'hui. Pour les yeux de ceux qui marchent dans la foi, mais aussi pour ceux qui avancent, pas à pas, dans l'espace, sans lumière encore identifiée." - "Et le Christ, alors, comment le verrais-tu, l'Artiste ?" me demanda le Maire avec la voix du Colonel. -
"Je le verrais comme un cristal. Un cristal
perpétuellement changeant, nuit et jour, sous la voûte céleste, Monsieur le Colonel.
Tantôt miroir, sous les nuages de nacre. Tantôt ruisseau veiné de mercure, sous
les eaux de la pluie. Et tantôt transparent d'ombres et de terre, et de toutes
les couleurs dont se colore le ciel et la terre au temps des lumières et de l'obscurité. Pour qu'à 20h30, selon l'exemple et de savants calculs, d'entre l'espace troué qui traverse la cour vide du Presbytère, le dernier rayon pivotant du soleil que tu vois, à son coucher, aille l'embraser de feu, lui aussi, du buste auréolé jusqu'à la face. Pour que, la nuit l'ayant chuté, et couvert d'ombre, jusqu'à l'étouffe, Il renaisse encore, et toujours, au souffle du matin, plus transparent et plus radieux encore que la lumière diffuse de l'aube dans son dos. Pour que, du miroir de Son corps, à chaque étape des heures, des jours et des saisons que traversent les hommes de la terre et des demeures de l'autre côté du ciel, leur soit révélé le lent cours fluide et les couleurs des temps Christiques sans cesse ressuscités. Tt je te ferais donc un Christ tout en miroir du temps, comme un cristal. Pour les yeux de ceux qui marchent dans la foi, mais aussi pour ceux qui avancent, pas à pas, dans l'espace, sans lumière encore identifiée." "Et la Croix, comment la verrais-tu, l'Artiste ?" me demanda le Maire avec enfin la voix du Maire.
Et je te ferais donc la Croix, comme le pieu d'un cadran qui marquerait éternellement la place du Zénith, au Midi de ce lieu et de cet instant qui est en soi. Pour les yeux de ceux qui marchent dans la foi, mais aussi pour ceux qui avancent pas à pas, dans l'espace, sans lumière encore identifiée." Nous nous taisions. Le Christ était là, perché, tout Marron- Blanc-Plâtré. La nuit avait tellement baissé, de l'autre côté de la cour du Presbytère, qu'on ne se voyait plus, assis sur "le Banc", dans la Grotte, nous quatre: le Maire, le Colonel, le Pape et moi. Ce fut un long moment de silence.
Je ne les ai pas vu se lever. Mais j'ai bien entendu, quelques instants après, quelqu'un qui me disait, d'une voix forte, en s'éloignant derrière l'obscurité de l'arche du portail: - "Hé bien, fais-nous tout ça, l'Artiste. Et bon courage. Tu as quinze jours." C'était la voix du Maire. - "Tu vas nous faire tout ça. Compris l'Artiste ? 5 sur 5,? Dix jours! Pas un de plus!" C'était la voix du Colonel. - "Tu peux bien nous faire ça, Michel-Ange, rien qu'en trois jours. Amen." C'était la voix du Pape bien sûr. J'étais abasourdi. Je n'ai pas répondu Mais, le pire, c'est que je les ai écouté tous les trois Et que je l'ai fait, Monsieur le Maire!
Et je vais remercier ici: - Alain Louvel, l'assistant de cette uvre qui a, entre autre, su palier à mes angoisses vertigineuses, en se préoccupant tout spécialement de la couverture de la Croix, perché sur une échelle de 6 mètres dont je n'aurais pu escalader qu'avec peine les deux premiers échelons.
- Jacques-Bernard-Henri Lebail, métallurgiste du feu et de la lampe, qui, contrairement à Icare, s'est habilement approché du soleil, pour lui en découper le cur dont j'avais tracé les nuds et pour en démêler, à coups de tronçonneuse, toutes les grappes d'atomes et de taches solaires dont je l'avais couvert. Il en est revenu vivant! Je lui en suis reconnaissant. En cas contraire, j'aurais perdu un bon complice.
- Et une surprise de taille: la participation d'une partie du village et de ses environs aux basses uvres "Descente du Christ" et hautes uvres "Elévation et Reboulonnage du Christ sur la Croix". Qu'ils en soient tous gratifiés dans leurs soifs à venir et dans leurs espérances présentes. Quant à tous ceux qui ont tenu à ce que leur participation plus que généreuse demeure discrète, je les serre contre mon cur, pour les temps futurs.
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