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J'ai
un réel plaisir à vous proposer la lecture de l'interview que
j'ai réalisée de Laurent Octonovo. Laurent est ce que l'on peut
appeler un chercheur de pointe. Habitué à appliquer un concept
analytique à ses recherches, Laurent avance de façon précise.
Il publie régulièrement ses travaux sur son Site
Internet Octonovo.com
Nous nous sommes rencontrés pour la première fois il y a de
cela environ six ans et ce grâce à une amie commune que vous
connaissez bien, Sonia Moreu, ancienne libraire de Rennes-Le-Château,
que je salue ici.
Laurent et moi avons appris à nous connaître et à nous apprécier.
J'ai le plaisir de dire que Laurent fait parti du cercle très
fermé de mes amis. Ici, il nous parle de ses récentes découvertes
et fait un point rapide sur plusieurs éléments et événements
liés à cette affaire de Rennes-Le-Château. |

Jean-Patrick
Pourtal :
Bonjour Laurent, parle nous un peu de l'homme que tu es !
Laurent
Octonovo :
J'ai 36 ans, j'ai longtemps travaillé dans l'industrie pharmaceutique
avant de reprendre mes études. A titre plus personnel, je me passionne
pour l'histoire, avec une prédilection pour la période romaine et
le moyen âge, et aussi pour le symbolisme et le jeu de Go.
Je fais du parapente et de la spéléo.
JPP
:
Comment es-tu venu à te passionner pour l'histoire de Rennes-Le-Château
?
Octonovo
: En
1985, avec un ami, nous avions décidé de partir un mois en vacances
à l'aventure. Mais nous ne savions pas quelle aventure choisir.
Un jour, mon ami est venu me voir avec un simple article de journal
qui parlait de l'affaire de Rennes le château : "Cela te dirais
de partir chercher ce trésor". Nous y sommes allés, nous y sommes
revenus et petit à petit, la curiosité s'est muée en passion.
JPP
: Avant d'aborder les points sur tes découvertes récentes,
que penses-tu des événements du moments sur Rennes-Le-Château
? J'entends par là, le déplacement éventuel de la dépouille de Saunière
?
Octonovo
: Je t'avoue que je suis très partagé. D'un coté,
cela me semble franchement surréaliste, mais de l'autre, je me souviens
de l'émotion causée par la dernière profanation de sa tombe. Et
ce n'était pas la première fois ! Coté pratique, si c'est sa famille
qui le demande, je pense que la messe est dite. C'est vraiment incroyable
qu'on en arrive là !
JPP
: Peux tu nous dire comment tu as trouvé les carnets
de l'abbé SAUNIERE ?
Octonovo
: Je reste discret pour l'instant, pour plusieurs
raisons, mais en particuliers parce que je travaille dessus. Cependant,
je compte les publier sur mon site assez rapidement pour que tout
le monde puisse en profiter et se livrer à ses propres recherches.
Je pense qu'à partir de septembre, je vais mettre la comptabilité
de l'abbé en ligne, puis ensuite les carnets de correspondance.
A ce moment là, je livrerai l'origine de mes sources.
JPP
: Comment se présentent ils ?
Octonovo
: Ce sont 2 carnets.
Celui de la comptabilité couvre la période de mai 1897 à novembre
1915 avec un seul mois manquant. Il se sépare en deux colonnes,
entrées et sorties. Il arrête de renseigner les sorties dès juillet
1910.
Celui de la correspondance couvre la période allant de 1896 à 1915
et fait la jonction avec celui publié par Pierre JARNAC de 1915
à 1917. Au milieu, il y a des listes de livres et de chansons dont
je n'ai toujours pas bien compris ce qu'elles faisaient là, ainsi
que des listes d'adresses de correspondants.
JPP
: Tu n'as aucun doute sur l'authenticité de ces documents
?
Octonovo
: Aucun
! Il y a plusieurs centaines de pages de la main de l'abbé, soit
plusieurs milliers de lettres et plusieurs milliers de lignes de
comptabilité. D'autre part, les documents correspondent complètement
à ce dont on pouvait se souvenir. Leur existence est attestée, simplement
ils avaient disparu depuis plusieurs décennies. Leur réapparition
est la bienvenue.
JPP
: Tu en es où dans tes études ?
Octonovo
: J'ai fini d'étudier la comptabilité. Concernant
les carnets de correspondance, j'en suis actuellement à 1905, mais
devant la masse d'informations, il me faut prévoir un important
travail de synthèse avant de pouvoir en parler.
JPP
: Et que nous apprennent ces carnets ? Est ce que cela
va révolutionner l'affaire ?
Octonovo
: Ces carnets ont beaucoup à nous apprendre, même
si au point où j'en suis dans leur étude, ils ne représentent
pas " la solution " au mystère. Ils nous apprennent énormément de
choses sur la vraie vie de Bérenger SAUNIERE, ses aspirations, ses
réalisations, son environnement. Ils permettront aussi de conforter
ou d'infirmer de nombreuses hypothèses qui ont cours aujourd'hui.
JPP
: Le carnet de comptabilité renseigne-t-il sur l'origine
de sa fortune ?
Octonovo
: Sans l'expliquer complètement, il montre effectivement
comment et d'où vient l'argent. Mais ce sera le thème de
ma conférence de cet été.
JPP
: Peux
tu néanmoins nous dire à combien se monte la fortune de l'abbé SAUNIERE
?
Octonovo
: Pour
la période couverte par le carnet, il encaisse 185.657,11 francs.
Pour avoir une idée approximative du pouvoir d'achat que cela représenterait
actuellement en Euros, on peut multiplier par 12 ou 15, c'est une
bonne fourchette.
JPP
: Penses tu écrire un ouvrage sur le sujet ?
Octonovo
: Je pense que je tiens là un matériel formidable
pour faire un livre qui fasse avancer la compréhension de l'histoire.
Et je vais le faire!
JPP
: Parmi les éléments factuels que nous connaissons, comme
entre autres les carnets que tu présenteras prochainement lors de
ta conférence, que penses-tu de la fameuse maquette ?
Octonovo
: Personnellement, je n'ai jamais vu d'élément qui
prouve l'authenticité de la maquette et des thèses qui en découlent.
Il faut dire que je ne m'y suis plus trop intéressé depuis ce jour
d'août 1995 où André DOUZET avait promis de produire des
preuves devant les personnes qui mettaient en doute sa bonne foi.
Il ne l'avait finalement pas fait. Au point où j'en suis
dans l'étude des carnets je n'ai rien vu qui infirme ou confirme
la maquette. Ni dans la comptabilité, ni sur le carnet de correspondance
jusqu'en 1906. Si un élément apparaissait, je le ferai savoir. Mais
si au final je n'en trouve aucune trace, j'en conclurai personnellement
que la maquette n'a rien à voir avec Rennes le château.
JPP
: Merci à toi d'avoir répondu à nos questions et de nous
avoir éclairé. Nous attendons avec impatience ta conférence
de cet été et la publication de ton livre.
Vos
commentaires et réactions
Dimanche 16
mai 2004
Réaction de Serge Pagenelle
j'attends
avec impatience la publication du résultat de votre étude du carnet
et de la correspondance de l'Abbé car je pense que cela confirmera
ce que j'ai dit jusqu'alors que celui-ci bénéficiais de dons très
importants de personnalités fortunés et très pieuses(ex famille Bauxotte,
etc) de cette époque qui lui ont permis d'effectuer tout ce qu'il
avait entrepris. Amicalement S.P |