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Les auteurs écrivant sur
Rennes-Le-Château ont la
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J. L. Murat & B. Hivert
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Un examen attentif nous révèle d'autres correspondances, d'ordre topographique ou toponymique. Commençons par la région du macrocosme délimitée par les rives droites de la Sals et de l'Aude. Le château de Montferrand trouve son correspondant à Belcastel, que l'on peut traduire par beau château, et le château en ruine situé tout à côté. Le Scarrajols et La Fajole deviennent les villages de Terroles et Peyrolles, à la terminaison phonétique identique. On s'en souvient, hole = grotte, caverne… et la grotte de La Fajole (VLC p. 243) peut s'assimiler, dans le macrocosme, aux grottes de Lavalette, au nord de Terroles. La Borde-Neuve prend le nom du village de Coustaussa.
Notons la traduction donnée par Boudet du Roukats: Le Roucats,- (to ronghcast), ébaucher … est rempli de ménirs ébauchés, de tables de pierres superposées les unes aux autres (VLC p. 293). Cette définition convient fort bien à l'aspect actuel des pierres du château de Coustaussa… en ruine ! Voisinant le Roukats, se trouve le terrain appelé Siala,– to see (si), voir, - hall, maison (VLC p. 292). Projetons ce commentaire en macrocosme: nulle maison ne serait plus remarquable en ce lieu que le château de Coustaussa, au temps de sa splendeur !
Le message du Siala peut aussi concerner Rennes-le-Château, comme le suggèrent les lignes de Boudet se rapportant au dolmen du Serbaïrou: En se plaçant sur le chemin conduisant à Sougraignes, l'œil distingue aisément la structure de toutes ses parties (VLC p. 244 et 245). Examinons cette région du macrocosme, délimitée par la rive gauche de la Sals, la rive droite de l'Aude, et formant un Serbaïrou-Goundhill géant. Le château de Rennes-le-Château, dans ce contexte, peut s'identifier au dolmen du Serbaïrou, ainsi qu'au ou pierre carrée voisine du Dolmen. A moins que nous assimilions cette croix gravée mentionnée par Boudet tout à fait dans le hautau-dessus du dolmenla plus grande de toutes (VLC p. 245) à l'église de Rennes-le-Château, maison du Christ, maison de la croix par excellence. Notons encore l'analogie entre la pierre du pain, évocatrice de la Vierge, et l'ancienne église de Rennes-le-Château dédiée à la Sainte Vierge. Le dolmen du Serbaïrou peut encore être assimilé à l'aven situé au sud de Rennes-le-Château.
Le rapport étroit entre le Serbaïrou et le blé nous est rappelé en macrocosme, avec le ruisseau et le village de Granès, évoquant le grain. Un lieu-dit Le Moulin, sur le bord du ruisseau de Granès, vient appuyer cette assimilation. Quant à l'idée selon laquelle il faudrait voir, dans la précieuse céréale évoquée par l'abbé dans son livre, l'objet de notre quête, l'or de Rennes, nous laissons le lecteur méditer sur la présence du ruisseau et du village de St-Ferriol, voisins de ceux de Granès. A l'instar du VITRIOL alchimique, dont l'anagramme donne LORIVITl'or y vit – l'anagramme de Ferriol donne: LORIFER, en clair: l'or y faire !
Restons à St-Ferriol, qui évoque aussi un autre élément cher à Boudet: le fer. Au sud du cromleck, en bordure de la Blanque, se situe un hameau commenté par l'abbé: La bergerie placée tout près de la maison d'habitation, est bâtie sur les fondements fort anciens d'une forge … Cette métairie est connue sous le nom de la Ferrière … la forge du maréchal-ferrant (VLC p. 240). Dans le macrocosme, outre St-Ferriol, nous trouvons le lieu-dit La Forge, juste à la sortie de Quillan. Cette analogie nous est formellement confirmée par Boudet lui-même, à propos d'un village voisin au sud de La Forge: Axat est traversé par la rivière d'Aude, et possédait une fabrique d'acier fort estimée (VLC p. 219).
Le Goundhill a sa place ici, au nord d'Axat, matérialisé par la grande forêt domaniale des Fanges, qui s'étire d'ouest en est sur un plateau élevé aux falaises abruptes. Les versants sud et ouest s'ornent de nombreuses aiguilles rocheuses, que Boudet n'aura pas manqué d'assimiler à de colossaux ménirs debouts: n'oublions pas qu'il connaissait parfaitement cette région, pour y être né et y avoir vécu une partie de son enfance. A la même latitude, à l'est de ce Goundhill géant, nous trouvons encore le Pech de Bugarach, formidable mégalithe de plus de 1.000 mètres de haut!
Dans le même ordre d'idée, nous pouvons assimiler la barre rocheuse du Serbaïrou, juste au nord de l'altitude 515 sur carte IGN au 1/25.000, aux falaises qui bordent le plateau du Lauzet et à la Pique de la Valdieu. Profitons de l'occasion pour préciser que le paysage, en arrière plan de l'œuvre de Nicolas Poussin: Les bergers d'Arcadie, n'est pas du tout celui que l'on peut observer depuis le tombeau des Pontils aujourd'hui détruit, et n'a rien de quelconque: il s'agit du profil du plateau du Lauzet, au sud de Rennes-le-Château, terminé par la Pique de la Valdieu, dont la silhouette est suffisamment caractéristique pour ne laisser aucun doute à ce sujet.

Rennes-le-Château le Dossier : Images et dessins : Jean-Louis Murat et Bernard Hivert

La Pique de la Valdieu
Observons que cette seule figuration du plateau du Lauzet et de la Pique de la Valdieu dans une œuvre maîtresse, avait de quoi surprendre l'abbé Saunière et susciter son intérêt, au point de s'en procurer une copie. Rien de mystérieux en cela, nous en aurions fait tout autant: ce n'est pas tous les jours qu'un maître place sur l'une de ses toiles majeures un élément caractéristique de notre paysage quotidien. Reste à savoir pourquoi ce relief a été choisi plutôt qu'un autre pour figurer sur Les bergers d'Arcadie: nous étudierons l'aspect symbolique et crypté de cette œuvre de Nicolas Poussin au fil des autres chapitres.
Poursuivons nos analogies entre le microcosme de Rennes-les-Bains et le macrocosme où prend place Rennes-le-Château. Passons sur la rive gauche de l'Aude, et rendons-nous à Alet-les-Bains. L'assimilation de cette station thermale à celle de Rennes-les-Bains nous est confirmée par la topographie des lieux: des crêtes rocheuses dominent, ici aussi, le village. L'une d'entre elles porte le nom de Rive de la Brugue, et supporte un plateau nommé la Bruyère, ceci étant à rapprocher du Pla de las Brugos dans le microcosme. Mais le plus remarquable, à la même latitude que Alet-les-Bains, est le nom du village de Roquetaillade, étonnamment évocateur de la roche taillée, ou pierre sculptée du Cap de l'Homme, commentée par Boudet !
Plus au sud, juste en amont du confluent de l'Aude et de la Sals, se situe Espéraza, dont le nom évoque espérance, espoir. Boudet nous parle de ce lieu, à propos du flottage du bois sur l'Aude: La construction de ces radeaux avait lieu surtout à Espéraza, et, il y a à peine trente ans, la plus grande partie de la population de ce gros village appartenait à la corporation des radeliers (VLC p. 221 et 222). L'espoir et la construction navale ne sont pas sans évoquer l'Arche de Noé, et par-là même, l'Arche d'Alliance, leur symbolisme se rejoignant en de nombreux points. L'Arche de Noé est la demeure protégée par Dieu, l'Arche d'Alliance garantit l'alliance de Dieu et de son peuple. Ainsi s'établit merveilleusement l'analogie entre les Roulers dans le microcosme, signe de la puissance de Dieu jugeant et gouvernant ses créatures (VLC p. 247), et Espéraza dans le macrocosme.
Des éléments concrets viennent compléter cette assimilation: au sud d'Espéraza, visibles depuis la route départementale 118, des roches énormes semblent trôner au sommet d'une crête rocheuse, évoquant les mégalithes du sommet de l'Illette en microcosme.
H. Elie, dans son livre A la gloire de Jésus-Christ, assimile Espéraza au Jardin des Hespérides, ainsi qu'à l'Homme-mort et à la tête de diable, sur la carte RENNES CELTIQVE, le dragon étant le gardien des Pommes d'Or. Si nous approuvons la première analogie, la seconde ne nous satisfait pas. Le Jardin des Hespérides correspond effectivement, par homophonie, à Espéraza: en microcosme, les Roulers sont d'ailleurs bien là pour illustrer deux des Pommes d'Or de ce jardin mythique ! Mais le Jardin et les Pommes ne sont pas le dragon: celui-ci n'est que le gardien placé à l'entrée du Jardin. Nous reviendrons sur cette nuance essentielle dans un prochain chapitre. Suivant la règle d'analogie que nous avons suivie jusqu'ici, l'Haum-moor – homophone de homme mort – et le diable ou Hadès maître des ténèbres – tête de diable esquissée sur la carte Boudet entre l'extrémité du plateau de l'Haum-moor et la Blanque – devraient trouver leur place en macrocosme nettement au sud d'Espéraza.

Rennes-le-Château le Dossier : Images et dessins : Jean-Louis Murat et Bernard Hivert

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