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Les auteurs écrivant sur
Rennes-Le-Château ont la
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R. Khaitzine
Page 4

Où le sel attique nous conduit à une Mansarde d'Or
J'avais, il y a de cela quelques années, démontré, au sein de La Langue des Oiseaux (Dervy), que l'alchimiste connu sous le pseudonyme de Fulcanelli avait, aux alentours de 1894, sollicité les talents de quatre écrivains : son élève et disciple Raymond Roussel, Alfred Jarry, Maurice Leblanc et ... Gaston Leroux. Son but ? Leur faire écrire une oeuvre selon des contraintes littéraires précises afin que ses propres travaux-non publiés à l'époque, ne se perdent pas.
Le jovial Gaston Leroux-et il mérite bien cette épithète car il fut véritablement l'Empereur du roman populaire et un homme de franche gaieté- savait assurément à quoi s'en tenir en ce qui concerne le symbolisme de Marie-Madeleine en correspondance avec Rennes-le-Château. Il n'ignorait rien, non plus, de la prostituée de l'Oeuvre menant à l'or, puisqu'il lui consacra l'une de ses oeuvres, titrée la Mansarde d'Or . Ce roman fut publié en 1926, soit la même année que le Mystère des Cathédrales. En préambule, rappelons qu'une mansarde, demeure dont le nom provient de celui du grand architecte Mansart, se définit comme " un comble à quatre pans ". Outre que les combles soutiennent le toit, ils constituent l'Attique d'un immeuble, ce qui est placé au sommet et de proportions moindres que l'étage inférieur. Le mot " attique " provient d'Athènes et caractérise, également, le sentiment des nuances, la grâce légère (mais n'est-elle pas toujours aérienne ?), l'ironie imperceptible, la simplicité du style, l'aisance du discours, l'élégance de la preuve et, dans le domaine de l'Esprit et, ainsi que nous l'avons dit à propos du livre de Boudet, en tant que sel... la plaisanterie fine. Or, dès 1894, et au cours d' une période qui couvrit le premier tiers du XXesiècle, un Alchimiste, érudit et génial, régnant en haut (autant dire sous les combles), tel un moderne Élie entreprit une oeuvre qui devait, non seulement lui permettre de passer à la postérité, mais lui assurer l'immortalité, et ce au sens figuré comme, peut-être, au sens propre. Dans le même temps, quatre 1 écrivains- selon l'étymologie, des scribes, des descendants de Thot, inventeur, dit-on, de l'écriture, et dont les grecs firent Hermès et les romains Mercure- commandités par notre Élie , vaquant à l'étage inférieur, tels Vulcain, se livraient à de frénétiques travaux littéraires, chacun dans le style qui lui était propre, martelant, sans cesse les mêmes notions, inlassablement. Mais comme chacun le sait, il faut plusieurs coups de marteau afin d'enfoncer le clou... et, concernant la compréhension humaine, la plus réfractaire, la plus dure des surfaces, il devient nécessaire de redoubler d'efforts. Forgeant leur oeuvre respective, mais sur un canevas 2 imposé, se pliant à des contraintes littéraires que n'eurent pas désavouées Georges Perec et les membres de l'Oulipo, les 4 scribes assurèrent la préservation des travaux- non encore publiés de leur ami. Les écrivains se nommaient : Raymond Roussel, Alfred Jarry, Maurice Leblanc et ... Gaston Leroux 3. Concernant le canevas, il s'agissait des notes qui devaient constituer Le Mystère des Cathédrales et les Demeures Philosopales , édités respectivement en 1926 et 1930, ainsi qu' un troisième " présumé " livre : Finis Gloria Mundi, qui ne le fut pas et ne le sera, sans doute jamais. Ici, une mise en garde s'impose. Bien que les romans de Gaston Leroux, notamment, laissent entrevoir, dans quelques passages, ce qu'aurait pu être ce dernier ouvrage, il n'est pas conseillé de se procurer le texte publié sous ce titre, il y a de cela deux ans. Ici, comme dans d'autres domaines, il est prudent de ne pas confondre la colombe et le pigeon ! Quant à l'Alchimiste, vous l'aurez compris, il dissimula son identité sous le pseudonyme parlant de Vulcain- Élie ou plutôt Fulcanelli, sous-entendant le Vulcain-Hellé -Hellé étant la déesse-lune des Pelasges, nous comprendrons que ce pseudonyme renvoie au Vulcain lunatique, le feu secret des Alchimistes.
Bien beau et curieux roman que cette Mansarde d'Or, dont nous connaissons, à présent les sous-entendus historico-hermétiques. Le texte va nous livrer d'autres confidences, aussi sûrement que le Mercure livre le Soufre , que l'Oeuvre au blanc mène à l'Oeuvre au rouge et que les livres de Leblanc aboutirent à ceux de Leroux ! À Montmartre (emplacement dédié à Mercure), proche du Sacré-Coeur (emblème du Soufre), dans ce quartier où fleurissaient les cabarets, dans le dernier quart du XIXe siècle, et notamment le Chat Noir, établissement fondé par Fulcanelli et ses relations- ceci expliquant les pages étonnantes qu'il consacra à ce lieu, vit un pauvre hère, un poète maudit: Annibale... pas Lector, le cannibale, mais d'Aquitaine et lui se serre la ceinture, il ne mange pas tous les jours à sa faim. Gaston Leroux précise, ailleurs, qu'Annibale est pauvre comme Job. Gageons que cette insistance n'est pas gratuite, elle pourrait bien être destinée à attirer l'attention sur certain personnage qui défraya la chronique en 1905 ! Dans sa mansarde ( vous savez, à présent, même si vous n'y avez pas vécu, ce dont il s'agit), il travaille à une Grande Oeuvre, intitulée l'Apocalypse, la Fin de la Gloire du Monde... en somme. Comme l'indique l'orthographe de son nom, différente de celle de l'autre, pas le cannibale... le général Carthaginois, héros des guerres puniques -Hannibal, il s'escrime à devenir célèbre, sans y parvenir, faute d'Esprit que symbolise la lettre H, dont il est privé et qui rendrait ses travaux philosophiques. C'est là que se situe le fossé séparant la chimie de l'Alchimie.
Concernant le général Carthaginois Hannibal quelques réflexions s'imposent. La biographie d'Hannibal semble contenir divers détails qui relèvent davantage du symbole que de l'Histoire. Comme en Alchimie, il convient d'opérer la séparation du subtil et de l'épais. Son nom signifiait " Grâce au dieu Baal " ; il avait pour père un certain Hamilcar (Grâce au dieu Melkart) Barca (l'orage). Le père et le fils participèrent aux Guerres Puniques (de Punicus, Poeni ou Carthaginois). Au sens figuré, mais qui le sait de nos jours ?, punique possédait le sens- ainsi que l'écrivit Victor Hugo- de ruse, perfidie, travers que prêtaient les Romains aux Carthaginois. Le terme punique est, vraisemblablement à rapprocher du mot anglais pun, qualifiant le petit langage, le langage cabalistique, la langue des oiseaux, un mode d'expression sub rosa. Or, comme le soulignait Pierre Dujols, la rose est aussi la ruse. Par suite, il convient de se montrer prudent et méfiant en lisant. En effet, Baal (Maître, Seigneur), chez les Sémites, figurait le dieu Père, le dieu de la fertilité et de l'orage, de la foudre. L'Ancien Testament explique que son culte fut combattu par Élie ( en hébreu : Eliyahû : Yahweh est mon dieu). L'étymologie du nom d'Élie prouve que la religion hébraïque substitua sa divinité à l'ancienne, comme le fit, après elle, la religion chrétienne. Chez les Grecs, Baal prit le nom de Zeus. À Carthage, il se nommait Baal Hammon, équivalent du Jupiter-Amon des latins, version du Zeus-Amon à tête de bélier des Grecs. À Tyr, il était Melkart et l'on prétend que son Temple aurait été construit par Hiram 1. Nous sommes bien en présence d'Histoire mêlée de symbolisme, Hiram étant un personnage purement fictif. Il a été admis, un peu rapidement que le bélier était un animal solaire et que Zeus-Jupiter-Amon étaient des figurations du Soleil. Cette interprétation est fautive. Outre que le bélier est un animal à cornes-lesquelles équivalent à des croissants de lune-, l'analyse des myhtes nous conforte dans l' hypothèse qu'il s'agissait d'un dieu lunaire. Dans le système religieux archaïque des Pélasges, il n'y avait ni dieux, ni prêtres, uniquement une déesse universelle et ses prêtresses. Il s'agissait d'une société matriarcale où l'on honorait la déesse-Lune. Son nom summérien était Iahu (la colombe d'en haut), nom qui échut plus tard à Iahvé Créateur, le Dieu-Père, équivalent de Zeus. Bélus est le Baal de l'Ancien Testament et le Bel des Apocryphes ; il a emprunté son nom à la déesse-Lune sumérienne Belili qu'il a remplacée. Cette ambiguïté relative à Zeus se trouve expliquée par le récit de l'Odyssée, examiné à la lumière du Zeus de A.B. Cook, pour qui l'oeil du cyclope était un symbole solaire. Ce point de vue est antagoniste du fait que, quand Odysseus-Ulysse crève l'oeil du forgeron Polyphème (le cyclope, du grec kuklos : cercle) , le soleil continue de briller. Seul l'oeil du dieu Baal, ou Moloch, ou Tesup ou Polyphème (dont il serait douteux que le nom signifie célèbre, comme admis) a été éteint. Ainsi s'expliquerait que soit attribué à Zeus un métal, l'étain, dont l'aspect, mercuriel et proche de celui de l'argent, inciterait plutôt à le mettre en relation avec une déesse, et ce conformément à la remarque générale formulée par Fulcanelli, dans Demeures Philosophales, au sujet des correspondances entre dieux, déesses et métaux.

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