À propos de la date du 17 janvier
Aucune des explications lues sur ce sujet ne m'a semblé très explicite, ni très convaincante. Je demeure persuadé, conformément à ce que j'avais émis comme hypothèse de travail , il y a de cela plusieurs années, lors de la publication des Faiseurs d'or de Rennes-le-Château, que la solution tient en deux noms : Gérard de Nerval et Nicolas Flamel, le premier ayant compris le pourquoi d'une erreur volontaire du second. En effet, Flamel indiqua qu'il effectua sa transmutation le 17 janvier 1382 et qu'il s'agissait d'un lundi, alors que, manifestement, cette date tombait un vendredi. Victor Hugo devait avoir compris le pourquoi de la chose, puisqu'il situe l'action de son alchimique roman, consacré à Esméralda (l'Émeraude des Sages) et à Quasimodo (le quasi-monde, ou chaos, la matière première alchimique), je veux parler, naturellement de Notre-Dame de Paris, un 17 janvier 1482... soit 100 ans, jour pour jour après la projection de Flamel. Précisons que Hugo avait reçu les confidences soit de Fa bre d'Olivet, soit de Cambriel l'alchimiste de Limoux. Si cette ville est célèbre en raison de sa fameuse blanquette, elle l'est également à cause de sa fontaine, réputée soigner " les yeux gâtés ", la fontaine de Notre-Dame de Marceille, à laquelle Henri Boudet consacra quelques pages, au sein de Vraie langue celtique, tout comme le fit, également, Fulcanelli dans Le Mystère des Cathédrales. Les deux hommes étant contemporains, par l'intermédiaire de Saunière, leurs relations parisiennes étant communes, il serait très étonnant qu'il ne se soient jamais rencontrés.
Ne sachant pas si le calendrier de son époque serait modifié ou pas, Flamel légua à la postérité le moyen de retrouver la date à laquelle se situa son résultat. Il eut raison, puisqu'en 1582, le calendrier Julien fut réformé par le pape Grégoire XIII. Le jeudi 4 octobre 1582 fut suivi du vendredi 15 octobre. Il y eut suppression de dix jours calendaires. Cela provoqua au demeurant un beau tollé, certains moines ignares accusant le Pape de leur voler dix jours de vie. Cette refonte était dûe à la nécessité de remettre en accord l'année tropique (intervalle moyen de deux retours consécutifs du soleil à l'équinoxe de printemps) et le calendrier, invention des hommes. Les jours de la semaine portant des noms de planètes, le Pape aurait commis une erreur monstrueuse s'il était passé du Jeudi 4 au lundi 15, car il aurait escamoté un vendredi, un samedi et un dimanche. Il s'en est bien gardé et n'a pas touché à la semaine, puisque le lendemain du jeudi est demeuré un vendredi. Il n'en reste pas moins vrai que le 17 janvier de Flamel n'est plus notre 17 janvier...Cela étant précisé, il serait surprenant que la date choisie par le Pape Grégoire XIII ait été le résultat du hasard, puisque le jeudi est le jour consacré à Jupiter et que le chiffre 4 désigne le métal attribué à ce dieu...
Où l'on retrouve le 17 janvier
L'oeuvre de Maurice Leblanc a focalisé toute l'attention de Patrick Ferté, mais elle n'est pas la seule à véhiculer d'étranges confidences relatives à la région du Razès et de Rennes-le-Château. La lecture d'un auteur, aujourd'hui bien oublié, ayant eu une certaine célébrité au XIXe siècle, nous vaut quelques surprises. Xavier de Montépin, écrivain populaire, dont on ne connaît guère plus que la Porteuse de Pain (1884-1885) fut aussi prolixe que Michel Zévaco, Ponson du Terrail, Paul Féval ou Eugène Sue ; il écrivit plus de 350 volumes. Né en 1823, à Apremont en Vendée, il mourut à Paris en 1902. Il débuta en 1848 dans le journalisme et publia des articles opposés au socialisme. Puis, il se tourna vers le roman-feuilleton et effectua un spectaculaire revirement en écrivant des romans dénonçant l'extrême misère ouvrière et stigmatisant les vices des riches et des puissants Sa Majesté l'argent, les Chevaliers du Lansquenet, les Viveurs d'autrefois.
Le Médecin des Pauvres, dont l'action se situe en Franche-Comté, haut-lieu de la maçonnerie forestière et du mouvement Carbonari, s'ouvre sur un prologue, intitulé La Nuit du 17 janvier. Ce qui pourrait passer pour le fruit du hasard cède rapidement la place au sentiment qu'il s'agit d'un livre à clés. Dès la deuxième page, nous sommes fixés. Au sujet de son héros Pierre Prost, Xavier de Montépin écrit : " Pierre Prost appartenait à la grande famille de ces hommes marqués au front d'un sceau divin et de qui l'on peut dire au jour de leur mort : Ils ont passé sur la terre en faisant le bien, quelle que soit d'ailleurs la position sociale dans laquelle le hasard ou la Providence les ait fait naître... ". Cela n'évoque-t-il pas certaine inscription sur la tombe du Marquis de Fleury, en rapport avec la Franc-Maçonnerie ? Truffé d'allusions à la maçonnerie, mais aussi à la langue des Oiseaux, ce roman se double d' une vaste allégorie alchimique...
Il semblerait que les deux toiles, visibles en l'église de Rennes-les-Bains, aient été offertes par le Marquis de Fleury. Lesdites toiles, adressées au Musée du Louvre, furent retournées à la ville, au prétexte qu'elles n'étaient pas signées et qu'il s'agissait " de croûtes ". Contrairement aux conclusions du Louvre, ces tableaux portent une signature : la marque des pédauques : une patte d'oie, animal consacré à Hermès ! Quant à la piéta, démarquée de celle de Van-Dyck, elle montre des détails très expressifs ayant trait au métal élu, ne serait-ce qu'en raison du Christ pantelant faisant grise mine. Le vitraux dédiés à St-Nazaire ( à noter que l'abréviation St correspond à l'épisémon précédemment évoqué) et à St-Celse (anagramme de ce sel) le fidèle serviteur (dénomination classique du Mercure) complètent ces indices.
Au sujet du Marquis de Fleury, il convient de savoir que l'un de ses descendants, le Docteur Maurice de Fleury était l'un des meilleurs amis de... Maurice Leblanc.
L'abbé Boudet et son livre consacré au cromleck
Les exégèses pratiquées à ce sujet demeurent insatisfaisantes. Le livre de l'abbé est un traité d'alchimie dans la plus pure tradition, c'est-à-dire un ouvrage rédigé en cabale phonétique. Il est certain que cet érudit à l'inlassable curiosité, devait être abonné à la Revue Britannique, revue dans laquelle Grasset d'Orcet, cité par Fulcanelli à diverses reprises à propos de la cabale phonétique, publia de longs et intéressants articles durant trente ans. Dès les quarante premières pages de La Vraie Langue celtique, le nom de l'agent est donné par le souriant abbé, dans un passage où, faisant preuve d'une insistance méritoire, l'ancien professeur d'anglais du collège St-Stanislas -ô magie des coïncidences- insiste sur l'équivalent français du pronom we. Ce " nous " est à attendre nsss , l'esprit, la fine pointe de l'âme. Il s'agit de ce nsss dont les secrets ont été confiés à Sainte-Marie-Madeleine, selon l'Évangile gnostique qui porte son nom. Quant au Cromleck, de nombreux auteurs se sont étonnés de son absence. Alors ? C'est que Boudet était un amateur de Pierres, mais pas de celles auxquelles pensent les minéralogistes et les archéologues! La clef du jeu de mots suggéré par Boudet est de même nature que celle utilisée par le lapicide ayant gravé deux pierres tombales portant le nom du Marquis de Fleury. En Alchimie, il est fréquent de lire qu'il existe trois pierres, à savoir : l'élixir, le soufre philosophique et la pierre philosophale. Elles sont emblématisées au sommet de l'église de Rennes-les-Bains par trois boules. Il est vrai, qu'à un autre niveau, ces trois boules sont nettement symboliques des tri-bulations ou du tri-boulement, autrement dit du versement de la boule terrestre, du basculement des pôles. À la fin du XIXe et au début du XXe siècles cette notion était fortement implantée dans les esprits. Outre Fulcanelli, qui attira l'attention sur les dangers qui peuvent résulter du progrès illimité des sciences et, notamment, de la sursaturation provoquée par les ondes électromagnétiques-dont nous pouvons vérifier les effets désastreux depuis quelques années-d'autres auteurs en furent préoccupés. Jules Verne publia, sur ce sujet, Le Sphinx des glaces et Sens-Dessus-Dessous ; Camille Flammarion écrivit La Fin du Monde. Ces deux auteurs furent membres du Conseil de Tutelle du Cabaret du Chat Noir, ainsi que cela peut se vérifier sur la liste des fondateurs, annexée au Chat Noir guide (1885). Rappelons que ce Cabaret organisait des séances de Théâtre d'Ombres. L'une de ces séances programmait le Sphinx, dont la dernière séquence apocalyptique montrait le sphinx égyptien, verdâtre, et pris dans les glaces, indice certain d'un cataclysme à l'échelle planétaire.
Il y a de cela plus d'une dizaine d'années, les sceptiques professionnels chargés de faire l'opinion se sont beaucoup amusés de ces craintes, alors même que certains d'entre-nous tentaient, sans trop d'illusions il est vrai, d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la possibilité d'une telle catastrophe. Cette même année Rennes-les-Bains fut dévastée par une sévère inondation, tout comme Vaison-la-Romaine. Depuis, le climat n'a cessé de se dégrader, les cataclysmes de se multiplier. Depuis la bourrasque de décembre 1999, de brusques sautes de vent se multiplient, laissant les météorologues et les scientifiques désemparés, mais se refusant à admettre ce que la simple observation démontre. L'avenir menace de ne pas être un futur si simple que d'aucuns le pensent !
La démonstration de l'abbé Boudet visant à prouver que le Celte provient de l'Anglais suffit à prouver qu'il s'agissait d'un homme d'esprit, de ceux dont on dit que la conversation ne manque pas de sel. Aussi est-il prudent, en le lisant, de se souvenir qu'il était expert en grec et que de celtique à sel attique, il n'y a guère que la distance d'un à-peu près phonétique, de ceux prisés par la langue des oiseaux, en vieux français oisons ou oie-sons, les fils de l'Oie, les disciples d'Hermès ! Rappelons aussi que l'expression sel attique possède le sens de fine plaisanterie.