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À propos de Nicolas Poussin :
Ce peintre, on le sait, consacra deux toiles aux Bergers d'Arcadie, celle exposée au Louvre et une seconde conservée en Angleterre. L'existence de ces deux tableaux a toujours réjoui les hermétistes, puisqu'elle autorise le jeu de mots : Les Toiles du Berger, ce qui s'entend l'étoile du Berger. Rappelons à ce sujet que, Léonard de Vinci, dont nous savons que la Joconde se trouve en relation avec le pays cher au Cardinal de Bonnechose, supérieur de Saunière- écrivit : " Celui qui se laisse guider par l'Étoile, ne peut s'égarer ". Ce 6 juillet, alors que j'entreprenais de rédiger ce texte, une nouvelle a été commentée par Europe N°1 . Des Anglais, ayant découvert, dans leur grenier, un tableau, ont décidé de le faire expertiser. Ladite toile va être vendue prochainement chez Christie's. Il s'est avéré que le tableau en question est une oeuvre peinte, lors de son arrrivée à Rome, par Poussin. Le sujet en est une scène pastorale mettant en scène des Bergers en Arcadie...
Concernant le tableau du Louvre, il s'agit bien d'une toile véhiculant un important secret de nature alchimique. La fameuse inscription " Et in arcadia ego " est une charade basée sur ce que Fulcanelli appelle l'épisémon. Les noms, modifiés par ce procédé, constituaient de véritables cryptogrammes. Ainsi, le vocable antimoine, était toujours écrit avec l'épisémon (?), équivalent aux deux consonnes assemblées sigma et tau, lorsqu'on l'employait pour caractériser le sujet hermétique. Fulcanelli pouvait difficilement se montrer plus direct, sinon en écrivant noir sur blanc le nom de ce sujet. L'analyse des Bergers étant complexe, elle nous entraînerait bien trop loin ici. Disons simplement que le nom du sujet y est nettement indiqué.
Signalons que Poussin consacra aussi une toile à Sainte-Cécile, patronne des musiciens (Musée du Prado, Madrid). C'est le lieu de ce souvenir que l'Alchimie était dite art de musique. Sur sa toile, Poussin a reproduit deux angelots au sol, et donc fixés, symbolisant le mercure ou esprit. Ces deux angelots tiennent une partition se déroulant en phylactère (indice qu'une lecture hermétique s'impose). La posture des angelots est pour le moins surprenante et schématise deux lettres grecques. Les vêtements de la Sainte, bleu nuit (équivalent du noir héraldique), jaune et rouge, évoquent bien les trois principales couleurs du Grand-Oeuvre. À noter la présence de l'enfant-Jésus et de Jean le Baptiste adossés à une colonne. Comment mieux résumer ce qu'est le mercure ? Ce mercure est un sel double. Les textes nous disent qu'il est la colonne de l'Oeuvre. Or, en égyptien, colonne se dit thot (équivalent chez les grecs du dieu Hermès et chez les latins de Mercure). Quant au troisième angelot, il est représenté volant ou volatile soulevant un rideau rouge, symbolisant le troisième oeuvre.
Notons, également, que Fulcanelli, toujours à propos de l'épisémon, précise : " D'autre part la cabale phonétique, qui fait du mot français tour l'équivalent de l'attique t????? ... " Le mot attique va nous être précieux, un peu plus avant, lorsque nous évoquerons l'abbé Boudet et son singulier ouvrage, ainsi qu'un roman méconnu de Gaston Leroux. Signalons, afin de conclure cette première partie, que l'interprétation de Patrick Ferté concernant le nom de Detinan est erronée. En effet, mon estimé confrère écrit : " Dans la Dame blonde (1907), Lupin fait jouer un rôle important à Maître DETINAN, son avocat-conseil dont M. Leblanc précise gratuitement, donc suspectement, que c'est un " député radical ". En ôtant les lettres D et N, Patrick Ferté transforme RADICAL DETINAN en L'ET IN ARCADIA. Une subtilité lui a échappé. En effet, l'appartenance de Detinan au groupe politique radical invite à l'exclure de ce qui est à droite comme de ce qui se situe à gauche pour ne conserver que le centre. Abandonnant donc D et N, il reste ETINA, anagramme du nom d'un métal, celui livré astucieusement par Nicolas Poussin dans son tableau. Il s'agit du métal dont les textes disent qu'il est élu (en hébreu : nazir, ce qui ouvre d'intéressantes perspectives symboliques lorsque ce terme est mis en relation avec le Nazaréen des évangiles). Ceci explique la suite du roman de Leblanc : " N'est-il pas évident que l'appartement de maître Détinan est le lieu choisi par vous, le lieu inévitable où il faut qu'on se réunisse ". Ce lieu élu ou choisi est à entendre au sens de demeure zodiacale, celle où réside le dieu à qui est attribué ce métal. À un niveau apocalyptique, ce lieu élu fait référence à celui au sein duquel la vie sera préservée lors de la Fin des Temps et ceci conformément à ce qui est expliqué dans le chapitre, peut-être apocryphe, ajouté au Mystère des Cathédrales sous le titre La Croix cyclique d' Hendaye.
Où Poussin nous mène à un autre peintre.
Puisque nous venons d'évoquer les confidences d'Arsène Lupin, si magnifiquement mises en lumière par Patrick Ferté, sous l'angle historique, qu'il me soit permis de compléter ses vues concernant certaines curiosités contenues par la Comtesse de Cagliostro. Nous ne reviendrons pas sur les éléments commentés par notre confrère, à savoir la présence de Monseigneur de Bonnechose et d'un Léonard, conjointement à la Joconde, dans ce roman de Maurice Leblanc. En revanche, il faut mentionner un non-dit renvoyant à un nouveau tableau. Au sein du deuxième chapitre, Leblanc donne à entendre que Joséphine Cagliostro serait le fruit des amours de Cagliostro et de Joséphine de Beauharnais qui aurait accouché à Palerme. Naturellement, l'anecdote, au plan historique, paraît pour le moins improbable. Une note précise : " Jusqu'ici aucun des biographes de Joséphine n'avait pu expliquer pourquoi elle s'était évadée en quelque sorte de Fontainebleau. Seul M. Frédéric Masson, pressentant la vérité, écrit : " Peut-être trouvera-t-on un jour quelque lettre précisant et affirmant la nécessité physique d'un départ. " Maurice Leblanc ne pouvait ignorer l'existence du tableau peint par Pierre Prud'hon, en 1805 et représentant " Joséphine à la Malmaison ", exposé au Louvre. L'Impératrice y est représentée assise, en une pose alanguie, sur un siège naturel de pierre, en pleine nature. Ce fauteuil ressemble comme un frère jumeau au fauteuil du Diable. La position caractéristique des deux arbres situés en arrière-plan ne laisse aucun doute quant à l'identification du paysage.
Prud'hon, né en 1758, à Cluny et mort à Paris en 1823, n'était pas contemporain de l'affaire qui nous occupe, aussi l'on peut se demander comment il prit connaissance de ce lieu. Existe-t-il un mystère Prud'hon comme il existe un mystère Poussin ? Après des études à Paris et à Dijon, ce peintre séjourna à Rome, de 1785 à 1788. Il y découvrit l'art alexandrin et pompéien et admira particulièrement Léonard de Vinci et le Corrège. Son art s'épanouit après sa rencontre en 1802 avec Constance Meyer. Il traita surtout des thèmes allégoriques et mythologiques. Sa peinture témoigne d'un goût prononcé pour les compositions en diagonale et les éclairages lunaires. Delacroix lui fut redevable...
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