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Les auteurs écrivant sur
Rennes-Le-Château ont la
Parole
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La mystérieuse église :
Durant près de dix ans, labbé Saunière, embellit son église, avec un goût très "Sulpicien", révélant surtout létat desprit dun homme qui voulait montrer à ses concitoyens tout le bienfait de son uvre. Là aussi léglise de Rennes-le-Château a fait couler beaucoup dencre. Pour bien des auteurs et en particulier Gérard de Sède, elle est dune inspiration purement maçonnique, comme si le fait de lier la franc-maçonnerie à cette sordide affaire pouvait accréditer les thèses fantaisistes de lécrivain. Je nhésite pas à le dire, cette église, à la décoration certes un peu criarde, na rien danormal et je défie quiconque de me démontrer quelle est voilée sous lallégorie des symboles de quelconque société aussi secrète quon veut bien le dire. Contrairement aux affirmations de certains, son chemin de croix nest pas dextrogire. Il tourne de la droite vers la gauche comme dans toutes les églises du sud de la France, car le côté gauche est le côté noble. La voûte étoilée au-dessus de la nef nest pas vraiment maçonnique car elle est avant tout chrétienne. La franc-maçonnerie, société initiatique traditionnelle est issue des maçons bâtisseurs de cathédrales. Dès lors, compte tenu de cette filiation, il paraît logique, dans une loge maçonnique de trouver une voûte étoilée et un pavé mosaïque, symbole de la chrétienté, bien plus anciens que le compagnonnage. Ce nest pas un secret de confirmer que dans les origines de franc-maçonnerie se trouvent des symboles religieux et il est inconcevable daffirmer que les quelques symboles présents dans léglise de Rennes-le-Château laissent penser que Saunière était franc-maçon. Preuves à lappui Gérard de Sède démontre que deux stations du chemin de croix sont maçonniques. La première fait découvrir un enfant quune femme entoure dun tissu bleu à rayure rouge. La seconde un chevalier qui se tient derrière Jésus pliant sous la croix. Dans les deux cas il sagirait dune allusion faite par Bérenger Saunière au rite écossais pratiqué en franc-maçonnerie. Cest avant tout oublier que ce chemin de croix nest pas luvre du prêtre mais dun sculpteur qui avait placé le même dix ans plus tôt à Rocamadour ! En ce qui concerne les peintures de cette uvre il convient de signaler quelles ont été retouchées par quelques esprits bien mal intentionnés dans les années soixante. De même une photographie retrouvée en 1897 montre que le pavement de léglise nétait pas mosaïque mais intégralement uniforme. Il a été modifié depuis. Par qui ? Demandez aux chercheurs de trésors qui ont fait des fouilles dans léglise
Pour clore cet épisode maçonnique on peut également rajouter que labbé Saunière, profondément royaliste naurait pu adhérer à la franc-maçonnerie à cette époque où elle était violemment anticléricale et que se dessinaient les prémisses de la loi de la séparation entre léglise et lEtat. Toutes ces hypothèses sont ridicules et sont destinées à perdre le lecteur dans un monde où il est profane et contribuent, une fois de plus, a grossir les eaux qui vont se jeter dans le fleuve du mythe.
Lorigine des fonds :
De largent Bérenger Saunière va en avoir puisquil semble quà la fin du siècle dernier son train de vie saccroît de façon régulière. Si nous sommes en mesure décarter définitivement les thèses de la découverte dun trésor et de la négociation dun parchemin révélant un secret, on peut néanmoins sinterroger sur lorigine des fonds.
Jadis bien des prêtres, voyant leur traitement samenuiser avaient recours à la demande dhonoraires de messes quils avaient lobligation de solliciter auprès du secrétariat de lévêché. Hélas cet organisme nétait pas bienveillant à légard de certains dont Bérenger Saunière, à la cure peut-être trop éloignée, faisait partie. Alors, il décida dagir seul et se mit à écrire à de nombreuses congrégations religieuses en France comme à létranger et fit paraître des petites annonces dans des revues spécialisées. Les résultats ne se firent pas attendre et très vite les honoraires de messes affluèrent à Rennes-le-Château. La consultation de ses carnets en témoigne, il recevait parfois quotidiennement jusquà 400 francs or de demandes de messes, ce qui représente des sommes considérables pour lépoque. Bien sur ces messes il ne les disait pas ce qui constitue en soi une escroquerie, passible du tribunal ecclésiastique pour trafic de messes.
Alors vient le temps de lopulence. Bénéficiant de ces importantes sommes qui affluent chaque jour, Bérenger Saunière réalise deux constructions étonnantes : Une villa et une tour bibliothèque. Les réceptions sont nombreuses et tout le monde profite des largesses de labbé, à commencer sa bonne à laquelle il offre des tenues de "femme du monde". Mais il commet une grave erreur. Ayant anticipé la loi de séparation entre lEglise et lEtat, il fait mettre au nom de Marie Dénarnaud lintégralité du domaine. Cétait pour un prêtre illégal car il faisait ainsi profiter une tierce personne de fonds appartenant de droit à lEglise. A laide de documents originaux jai pu ainsi établir que Bérenger Saunière avait reçu plus de 200.000 intentions de messes en près de vingt ans, outre les dons impossibles à comptabiliser. Cependant il na pas mené un train de vie aussi fastueux que certains auteurs ont voulu lui prêter. Astucieux, il payait tout par traites et savait parfaitement gérer son budget en prévoyant un volant de trésorerie suffisant pour mener à bien les travaux de la villa Béthanie et la tour Magdala. Il est évident que ce commerce de messes ne pouvait passer inaperçu, surtout auprès de lévêque Monseigneur de Beauséjour dont les griefs à lencontre de la famille Saunière étaient fort nombreux. ... / ...
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