Comme
nous l'avons exposé dans le chapitre dédié aux
jardins de l'église, nous avons pu nous rendre compte que des inversions volontaires
avaient été faites sur les instructions de Bérenger Saunière.
Les
plus flagrantes étant :
- l'inversion du pilier qui soutenait l'ancien autel et qui a été placé à l'envers,
tant en position verticale (croix inversée) qu'en position horizontale.
- La position de la dalle dite " Dalle des Chevaliers " que Saunière avait
découverte face contre le sol et qu'il plaça à l'extérieur, dans les jardins,
face vers le ciel, au pied du calvaire, entraînant une érosion importante
ne nous permettant plus de distinguer avec précision les éléments la constituant.
- Et
bien évidemment, l'ensemble des jardins en eux-mêmes, nous présentant un plan
de masse identique à celui de l'église, nous faisant découvrir une église " invisible
" qui est, par définition, non-visible au " non-initié ".
Les inversions des travaux de Bérenger Saunière
ne s'arrêtent pas là ! En effet, nous pouvons constater qu'elles se reproduisent
également dans le domaine " civil " de l'abbé.
Rappelons-nous :
Ce domaine est constitué de la villa Béthanie, de la Tour Magdala, des
jardins du domaine, du potager, et de l'orangeraie.
Bien évidemment, la tour Magdala reste le symbole des constructions de
Saunière. Il semblait important au prêtre de donner un nom à ses constructions,
à tel point qu'il plaça leur nom sur chacune d'elles.
La tour Magdala n'échappe pas à cette règle. Gravée sur une plaque de
pierre, placée sur un des murs de la tour, nous pouvons la lire aisément.
Seulement sa calligraphie est particulière ! Le M de " Magdala " est du
style oncial nous faisant penser à un Oméga grec. En ce cas, nous nous
trouvons devant un Oméga en début de mot et un Alpha en fin de mot. La
symbolique Chrétienne nous à habitué au binaire " Alpha-Oméga " (Je suis
le début et je suis la fin), Saunière, quant à lui, semble vouloir nous
indiquer l'inverse par un binaire inversé " Oméga-Alpha " (Je suis la
fin et je suis le début). .
Continuons l'observation du domaine et plus
précisément l'ensemble de son jardin. Il est construit sur une base carrée
permettant un jeu de symétrie facile.
Nous pouvons dire que la Tour Magdala est bâtie dans le coin inférieur
gauche de ce carré et l'orangeraie dans le coin supérieur droit de ce
même carré.
Nous voici avec deux tours en position de
symétrie. La symétrie est bien l'inverse d'une position ! La notion d'inversion
ne s'arrête pas là ! La Tour Magdala est une tour de pierre, bien visible
et matérielle, son opposée, l'orangeraie, est une tour de verre, transparente
et quasi immatérielle ; à tel point que l'on n'en entend jamais parler.
En ce qui concerne ces deux tours nous pouvons, également constater que
Magdala possède une échauguette dans son angle inférieur gauche et que
l'orangeraie possède une échauguette dans son coin supérieur droit. Autre
fait étonnant, la Tour Magdala dispose, pour accéder à son sommet par
l'échauguette, un escalier de vingt deux marches. L'orangeraie elle dispose
d'un escalier de vingt deux marches accessible par l'échauguette, mais
pour descendre dans son sous-sol. L'une des Tours mène vers le ciel, l'autre
vers le sous-sol ! Non seulement nous avons une inversion verticale mais
aussi une inversion horizontale. Ceci, concernant ces deux tours, est
la partie " visible " des inversions.
Nous
avons une autre inversion ! Une plus discrète, presque invisible à celui qui ne
sait pas lire. Les deux tours construites, sur les mêmes proportions et inscrites
dans un carré, nous permettent de constater que ce carré est constitué de 8x8
fois la base de ces deux tours, constituant ainsi un carré de 64 cases identiques
à celles d'un échiquier ! Sur cette hypothèse, nous pouvons affirmer que les deux
tours sont bien à leur place sur cet échiquier.
Laquelle
est la tour blanche ? Laquelle est la tour noire ? Dans un aspect
symbolique, la matière a toujours un aspect négatif et corrompu alors
que l'immatériel, l'air, a un aspect positif et est symbole de pureté.
Si l'on s'appuie sur cette réflexion nous pouvons donc dire que la
Tour Magdala est la Tour Noire alors que l'orangeraie est la Tour
Blanche !
Et
pourtant ! Le raisonnement s'inverse lui aussi ! La tour de Pierre,
Magdala, représentant la matière est celle qui nous conduit, par
l'escalier de l'échauguette, vers le ciel, donc vers l'esprit ;
par contre l'orangeraie, faite de verre, par l'escalier de l'échauguette
nous conduit dans le sous-sol, la Terre, la matière !
A quelle partie d'échec s'adonnait Bérenger Saunière ?
Pouvons-nous
pousser le raisonnement plus loin ? Peut-être ! Dans l'église du
village, un échiquier est symbolisé dans l'église par la troncature
des faïences dessinant les limites du dallage. En ce cas ne pouvons-nous
pas penser que " l'échiquier " du domaine est l'opposé de celui
de l'église ? Le " grand " étant l'inverse du " petit " !
Mais
le symbolisme du binaire inversé ne s'arrête pas aux travaux de Saunière
dans cette étrange affaire.
Nous avons deux prêtres qui s'illustrent particulièrement : Bérenger Saunière
et Henri Boudet. L'un est de la Rennes du Haut (Rennes-Le-Château) l'autre
est de la Rennes du bas (Rennes-Les-Bains). L'un réalise au grand jour
et avec tapage, l'autre réalise dans l'ombre et la discrétion. Voilà un
binôme étonnant. Le prêtre de la lumière, le prêtre de l'ombre. Qui est
le plus sombre des deux ? Un binôme dont nous n'avons pas de réelle trace
officielle, hormis
une photographie de Bérenger Saunière prise aux Roulers probablement
par Henry Boudet.
Le livre d'Henry Boudet " La Vraie Langue Celtique ou le Cromlech de Rennes-les-Bains
" est lui-même un ouvrage étrange dans lequel on " oublie " les éléments
existants. A titre d'exemple : il s'attache à nous parler des villes
de France s'appelant " Rennes " et il oublie Rennes-Le-Château ! Toujours
dans son livre, il nous parle des menhirs et des cromlechs qui n'existent
pas et il oublie le menhir de Peyrolles près de l'ancien tombeau d'Arques
qui lui est bien réel ! Et nous devons en oublier !
Nous pouvons encore pousser plus loin l'étude comme nous l'avons fait
sur les N inversés. Nous pourrions aller jusqu'à
Saint-Sulpice de Paris ! Quel voyage !
Quel message ces prêtres du Razès nous ont-ils laissé ? Quelle religion
prêchaient-ils ? Est-elle celle du Noir et du Blanc ? Est-elle celle de
Manès ? Est-elle celle des Bogomiles ? Ou bien est-elle celle du culte
du Prince des Ténèbres ? Mais peut-être est-ce ni l'un ni l'autre ! Peut-être
nous indiquent-ils les limites qu'ils ne faut pas franchir et qu'il est
nécessaire de savoir marcher entre ces deux extrêmes ! Pourtant Saunières,
tout comme Boudet nous invitent à un voyage vers les " enfers ", mais
cela sera l'objet d'un autre chapitre !